lettre en francais à Première Ministre, Pauline Marois et la loi 101

20 février 2013

 

Madame la Première Ministre Marois;

Cette lettre fait suite à une lettre datée du 22 octobre dernier, laquelle demandait une rencontre avec vous et vos ministres relativement à l’impact de la loi 101 sur les langues autochtones.   J’ai appelé votre bureau à plusieurs reprises et ai été informée de la réception de ma lettre.  Néanmoins, je n’ai toujours pas reçu de réponse à ma demande de rencontre.

En conséquence, je réitère ma demande de rencontre afin de discuter de l’impact de la loi 101 sur les langues autochtones. Je vous demande également respectueusement d’inviter lors de cette réunion, plusieurs de vos ministres dont les dossiers sont en lien avec la langue et l’éducation.

Notre préoccupation majeure concerne votre déclaration suite à votre élection en septembre lors de laquelle vous avez annoncé vouloir modifier la loi 101 de manière à renforcer l’usage de la langue française dans la province. Bien que nous comprenions la nécessité de protéger la langue française, il est nécessaire de rappeler au gouvernement du Québec que les Peuples autochtones ont, eux aussi, le droit d’assurer l’éducation de leurs enfants et des jeunes dans leurs propres langues.

 Ce droit comprend également l’enseignement de notre histoire et de nos cultures; droit qui est renforcé par la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Le Parti Québécois a d’ailleurs appuyé cette déclaration des Nations Unies lors d’une conférence de presse en 2010 au cours de laquelle j’étais moi-même présente à l’époque en tant que Présidente de Femmes autochtones du Québec et ainsi que Ghislain Picard, Chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador.

L’éducation, la langue et la culture font partie des articles de la Déclaration des Nations Unies qui promeuvent et protègent les droits à l’autodétermination des Peuples autochtones et qui constituent les normes minimales en matière de droits humains pour les peuples autochtones. L’appui manifesté par le Parti Québécois à la Déclaration des Nations Unies est très apprécié, cependant la prochaine étape est sa mise en œuvre, ce qui exige que tous les acteurs étatiques, y compris les gouvernements provinciaux et territoriaux, participent à sa réalisation. La mise en œuvre de la Déclaration exige un dialogue et une volonté politique fondée sur la confiance et l’équité. La Déclaration des Nations Unies s’inscrit dans le cadre d’une réconciliation fondée sur un partenariat égalitaire pour la paix et le progrès de la société.

Il est important de souligner que les peuples autochtones ne sont pas des minorités dans la mesure où nous ne partageons pas la même histoire du système des pensionnats indiens, ni de la colonisation, que celle des minorités. Les peuples autochtones ont le droit à l’autodétermination telle que le stipule l’article 13 de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des Peuples autochtones:

 

“1. Les peuples autochtones ont le droit de revivifier, d’utiliser, de développer et de transmettre aux générations futures leur histoire, leur langue, leurs traditions orales, leur philosophie, leur système d’écriture et leur littérature, ainsi que de choisir et de conserver leurs propres noms pour les communautés, les lieux et les personnes.”

L’UNESCO a déclaré que les langues autochtones au Canada sont les plus menacées au monde. En tant que premiers peuples de cette terre, nos langues ont toujours été marginalisées dans les programmes éducatifs et ont été mises de côté pour forcer les membres de notre communauté à travailler au sein de la société canadienne et québécois.

Comme M. Koïchiro Matsuura, Directeur général de l’UNESCO, a déclaré : “… les langues sont essentielles à l’identité culturelle. La diversité linguistique est étroitement liée à la diversité culturelle et les langues jouent un rôle important dans la lutte contre la pauvreté, la faim et la maladie.” Les langues autochtones en particulier, dit-il, sont indispensables pour préserver les savoirs autochtones.

Je crois que nous partageons une passion commune pour nos langues respectives. Il est donc temps de changer le statu quo du colonialisme ayant attaqué l’identité des Peuples autochtones depuis des siècles et, à la place, de travailler ensemble pour le bien commun. Droits des Peuples autochtones et liberté sont des éléments fondamentaux pour notre survie, notre dignité et notre bien-être. J’espère que cette vision de la justice sera partagée par le gouvernement du Québec et que nous pourrons discuter de cette importante question dans un avenir proche.

Je demeure dans l’attente de votre réponse et garde confiance qu’une réunion puisse être organisée le mois prochain dans votre bureau à Montréal.

 

Avec sincérité et respect,

 

Ellen Gabriel

 

vice-president

Kontinonhstats – Mohawk Language Custodians Association

 

 

 

 cc.  Minister Élizabeth Larouche, Secrétariat des Affaires Autochtones

       Minister Maka Kotto,  Ministère de la Culture et des Communications

       Minister Marie Malavoy, Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport

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